POURQUOI PAS ECRIVASSIER

PETIT LAROUSSE:

Ecrivassier : Personne qui a la manie d’écrire, qui écrit beaucoup

 

Je ne suis qu’un viveur lunaire

qui fait des ronds dans les bassins

et ceci sans autre dessein

que devenir un légendaire

jules lafforgue

 

JE NE SUIS QU’UN ÉCRIVASSIER

 

Ne cachons pas la vérité

c’est bien là mon infirmité

dévoiler mon intimité

selon les opportunités.

 

Le présent me fait la dictée

syllabes et lettres tricotées

sur le papier sont projetées

j’y passerais bien la nuitée.

 

Pourtant je craindrais d’abuser

fatiguer ou indisposer

sans pavoiser, désabusé,

par tout mon passé composé.

 

Mais de rêves ou de billevesées,

de cris d’espérances brisées,

de visions de chants en rosée,

je pourrais en faire la risée.

 

Ah je devrais bien conjurer

cet épanchement exagéré

d’un individu éploré

ou d’un esprit trop égaré.

 

Les idées se jettent en marée

l’émotion en est prostituée

et le tout se  mêle en curée

pour ne faire que purée sucrée.

 

Écrire  au lieu de respirer

j’arrête là mes simagrées.

 

© Marc GICQUIAUD

23/12/2004 01:42:07

Et mal ??

Lisez des extraits dans http://www.auteurs-editeurs.com/ ; à vous de juger.

Et puis disons le poétiquement ce mot à une belle sonorité.

OSER SE DIRE ECRIVASSIER !

 

Il y a sans doute là une provocation.

Trop de personnes ; qui se disent « littéraires »,  se croient a priori le droit de juger les autres, la plupart du temps sans les avoir lus, mais naturellement à l’aune du propre talent qu’elles s’attribuent.

J’ai vendu suffisamment d’ouvrages à des lecteurs qui ont apprécié mes textes avant de se décider, pour me permettre d’ignorer le côté péjoratif de ce mot malmené dans les dictionnaires.

Il m’est apparu par expérience une différence d’univers entre celui qui est lié par contrat de débit à un éditeur, et ces auteurs que je rencontre dans les « Salons du livre », tous ces « indépendants » se diffusant eux-mêmes. L’écrivain vit de sa plume, l’écrivassier vit pour sa plume, l’un en tire profit (souvent très mal au bénéfice de son éditeur) l’autre va au devant des lecteurs et partagera avec eux son plaisir d’écriture.

 

Oublions ce foisonnement d  »éditeurs »  à l’affût de l’auteur désemparé. Une sélection, trop mercantile, s’il y en a une, n’est pas une assurance de qualité. Ils sont  à compte d’auteur, ou amortissent l’impression en imposant diverses contraintes financières : rachat de nombreux ouvrages au prix de base (c'est-à-dire moins la commission libraire de 30%, et non pas au prix de revient impression  ou pilon), ou promesses de ventes après une souscription, mise en page coûteuse, etc.…. Certains  oublient souvent de verser les droits  qu’ils se sont engagés à donner au-delà de 500 exemplaires vendus ; sans aucun contrôle du chiffre possible.

Libre à chacun de faire son choix, c’est sûrement moins fatigant d’écrire et après. de déléguer tous ses droits (et de les perdre) seulement pour la satisfaction de se dire édité, sans en connaître la suite.

Les frais de déplacement, d’hébergement sont considérables, l’autoédité les assume mais il vend lui-même avec en moyenne un bénéfice de 60%, l’édité en sera très rarement défrayé par son éditeur, lui se déplacera pour 5 ou 10% de marge.

Il y a de bons et d’excellents éditeurs respectables, on les reconnaîtra au contrat qu’ils proposent. Un éditeur, un vrai, c’est celui qui, après choix d’un manuscrit le publie à « compte d’éditeur », éventuellement verse un à valoir, mais surtout a la possibilité d’une grande diffusion par une distribution systématique à des libraires qui ne peuvent refuser (mais souvent seulement durant quelques mois). Même s’ils n'offrent qu’un pourcentage minime,  peu importe s'ils en vendent 2000 ou plus, le tout est de les convaincre!

 

Pourquoi se priver d’écrire. Avez-vous du talent ? Qui vous le dira ?  Ce sera cet inconnu qui vient à vous et paie après avoir feuilleté et lu.

Il y a tellement de sujets et de styles, si  on va de l’ultra classique à l’ultra moderne où est le critère de qualité ?  Juger,  moi, je laisse cela aux critiques professionnels, sûrs d’eux-mêmes, pas toujours désintéressés.

 

Proposer des textes à un lecteur curieux, en face à face, sans ces publicités excessives que l’on voit parfois sur les murs les Bus, le métro, l’amener à acheter un livre  de sa propre décision, voilà la seule ambition la seule échelle de valeur  de celui  que je dénomme ici sans fausse honte un écrivassier !

 

© Marc GICQUIAUD 07/04/2008 00:14:51

 

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