ERRANCES PROFANES Tome 3 LUCIE DIT Extraits

Marc GICQUIAUD                                                  Françoise GICQUIAUD  

Tél  02 48 74 84 30 ; E mail : mgicquia@club-internet.fr     www.auteurs-editeurs.com

En librairie, ou Chez les Auteurs Marc GICQUIAUD  33 Route de Saint-Amand 18350 Nérondes 
 

ERRANCES PROFANES Tome 3
LUCIE DIT

Dépôt légal  1er Trimestre  2008  ISBN : 2-9511299-9-8   15 € + 4 € de port

Envoi groupé des trois volumes : 30 € + 4 € de port

 

Chapitre 16 Religieuse




…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

p 487

ÉGAREMENT

 

Lucie contemplait maintenant avec pitié cette personne de conviction égarée dans sa faiblesse. Choisi pour la révélation, étranglé de certitudes, il semblait s'effondrer sous le poids de sa mission. L'écoute permanente où il se tenait dans l'attente du message, la crainte de voir se tarir un jour cette joie intense de la communion, devenaient insupportables par leur tension chez cet homme parmi les hommes. Il lui aurait fallu un milieu de recueillement, une spiritualité débarrassée du temporel, et il se trouvait confronté à des pulsions, à des frictions au-dessus de ses forces. Elle le devinait, il allait s'effondrer.

La figure émaciée rendait plus grand le nez pointu, la barre au front des inquiétudes et des angoisses, des luttes encore contre lui-même.

La courbure du dos, l'hésitation des mains, signalaient le conflit interne. Elle se savait attirée par cette souffrance, et prête à relever le flambeau, à aider de son enthousiasme cette énergie déclinante, pour sauver son exaltation mystique. La femme entendait en elle s'éveiller un instinct maternel, un besoin de protéger, de secourir et de soutenir, elle s'approchait pour consoler.

 

Cette flamme dans les yeux lui était étrangère, tout lui était simplement tracé, de pureté en tempérance, de simplicité en mortification. Le passé refoulé au plus profond, oublié, operculé de candeur, elle ne pouvait supposer le trouble prêt à submerger son idole. Son regard à elle était admiratif, obscurci par la vénération, et elle ne saisissait pas le bouleversement en cours.

Lui depuis trop longtemps se contenait dans l'abstinence, refoulant les images trop précises qui s'imposaient parfois à son esprit fatigué. Il se réfugiait alors dans la pénitence, se saoulant d'adorations, ravivant sa ferveur de privations, espérant, sollicitant la visite, le réconfort, l'aide de son inspirateur.

Mais là toute proche il y avait une présence charnelle, son négligé évocateur, son odeur, la chaleur de son corps se réverbérant sur son visage comme une caresse.

Il n'écoutait plus, mais la voix douce pénétrait de sons sourds, percutants, les recoins cachés où il avait logé ses désirs anciens.

Posséder, étouffer dans la satisfaction cette envie qui le taraudait de décharges électriques, apaiser sa fièvre en se vautrant dans la débauche. Passionnément il admirait cette silhouette délicate, cette courbure fragile. La virilité de la bête, revenue de loin, devrait transformer cette fraîcheur en fournaise, pour asservir cette innocence et en faire l'esclave de sa convoitise et de sa rage.

Incapable de s'exprimer, la gorge serrée, effrayé de cette pulsion brutale et conquérante, ses bras se tendaient dominant sa volonté chancelante. Elle était trop prêt, il la prit par la taille.

Effarée Lucie avait cru à un geste affectueux, à une accolade, mais quand elle sentit sur sa peau les lèvres minces, sur ses reins les doigts malhabiles, quand elle se trouva soulevée de terre, couchée d'une bourrade sur le dallage de pierre rugueuse, la peur et le dégoût l'envahirent. Tremblante, encore paralysée par sa dévotion, surprise dans sa fascination, elle restait sans réaction sans défense.

Heurtée d'horreur, elle se révulsait, sous l'assaut trop longtemps oublié le physique se réveillait. Mais la mémoire gardait trop de respect, les sens trop de contraintes. La métamorphose était si soudaine qu'elle laissait entrevoir sous les paroles d'autrefois, sous les actes accomplis au nom de la morale, un fond de perversion, de barbarie, sublimée en apparente piété. Son besoin de perfection restait total, son passé commandait le présent. Saturé de plaisirs, son coeur débordant aspirait uniquement à l'envol vers la plénitude de la foi. Elle avait cru être au terme de sa quête de surnaturel, et prenait connaissance de son égarement. Elle avait été trompée !

 

Elle ne s'avouait pas sa répugnance, ce mâle malingre, ces membres décharnés, ces narines dilatées d'où sortaient des poils recourbés, ces effluves aussi de sueur et de soufre lui donnaient la nausée. L'aversion succédait à l'adulation intellectuelle, tout son être se convulsait d'une haine subite, irraisonnée.

 

Il lui avait été facile, instruite d'une expérience et de l'entraînement du passé, de se dépêtrer de l'animal en rut. Elle courait. Tout se dérobait sous ses pieds: sa raison de vivre, le sol cahoteux, et elle évoluait dans un vertige. Elle souffrait d'une douleur de l'orbite et de l'oeil, le cou serré, tordu dans la courte lutte, lui envoyait des élancements dans les épaules et le dos. Elle s'arrêta pour vomir au creux d'un fossé.

Elle lui en voulait surtout d'avoir éveillé la femelle en elle, d'avoir détruit les valeurs refuge qui donnent bonne conscience.

………………………………………………………………….  ………………………………………………………………………

497

Chapitre 17

LA GUERRE A DIEU

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

498

 

Réfléchir, chercher, elle ne le voulait plus, l’esprit noyé tourmenté d’impossibles réponses se diluait en cauchemar, elle sombrait dans le vide, un tourbillon la malmenait. Secouée de remous elle sombrait dans un gouffre infini. Sommeil ou coma, elle n’était plus que chose.

 

PARADIS

 

Clartés et transparences, luminosités disséminées de sources changeantes irisant leurs irradiations d'arête en angle, se réfléchissant de plaques lisses en bosses convexes ou concaves, en une féerie de couleurs, là criardes et teintées d'excessifs contrastes, là nuancées se diluant progressivement et insensiblement l'une dans l'autre en une harmonie douce. Tonalités vivantes par leur violence, dégradé invisible mariant les extrêmes en confins sans limite, se composant, se décomposant d'éclairs en phosphorescences, d'embrasements en lueurs, toujours mouvantes, toujours imprévues. Splendeur majestueuse de la beauté parfaite. La mélodie, musique, parfums, arômes, intimité d'un tout dans cette merveilleuse caresse des sens, suffisait pour établir cette certitude d'entier bonheur. Plénitude de l'âme bercée et séduite, légèreté du corps purifié comblé de délices, ravissement, gratitude sans bornes.

 

Nostalgie d'une imperfection, ou souci d'une insatisfaction, l'homme ne se contentait plus de cette béatitude. Il y avait en lui une carence, une exigence d'approfondir, d'observer, d'étudier le détail, une soif de savoir inutile dans un univers où il avait tout. Cette curiosité irrésistible le poussait à des analyses, des réflexions, des raisonnements dont il importunait son créateur. Paroles, discours, et éloquentes démonstrations, péroraisons pédantes à partir de rien et de tout, devenaient dans ce monde où l'ensemble formait l'universel, où l'unité était l'entité, l'existence une constante, sans début, sans limite, sans but, sans craintes ni menaces, cet éternel présent sans besoins; un non sens. De l'incompréhension entre le Maître et l'élève naissait, après les critiques inavouées, une mésentente profonde. Le premier était un tout d'infinie puissance, il n'éprouvait pas ce besoin, cette ambition, il ne voyait pas l'importance d'expliquer des évidences, le second intelligence plus qu'esprit, souffrait du perpétuel déséquilibre entre la possession, la jouissance, et la nécessité d'en apprendre le but, la destinée finale.

L'humain devenait un intrus dans un concert de conformités, de symétries concordantes. Le malaise secrète l'angoisse, et l'angoisse produit l'agressivité. Du désaccord à la conspiration, il dérapait doucement vers l'intolérable conflit. Insidieusement et sans s'en rendre compte, par ses mots, par ses actes, par ses attitudes, il fomentait cristallisait une révolte. Sur l'immensité immaculée il constituait une souillure, une tache insupportable.

 

L'extraordinaire félicité se précisait en éléments plus précis, les jeux subtils de clartés mêlées de flou et d'excessif, en synthèse de beauté, devenaient lumière, éclats réfléchis, aveuglements, soleil. Les formes d'aspérités ou de rondeurs, élan de grâce majestueuse, muaient en angles aigus, arêtes coupantes, pointes blessantes. Les brumes s'altéraient en vapeurs acides. Le délicieux mélange d'impressions confondues évoluait en amertumes, fadeurs. Les ombres se travestissaient en ténèbres, l'indéfini se convertissait en espace, horizon, paysage.

 

Cette diffusion en reflets, ces arcs en ciel, étaient renvoyés d'un relief à l'autre par une surface lisse, vitrifiée, glissante, et petit à petit l'homme prenait conscience du froid. Il n'avait jamais eu auparavant cette notion du contact. Maintenant il se sentait reposer sur des pieds douloureux: Un étau, un écrasement, un élancement permanent, lui faisaient perdre conscience de ses appuis. Il gelait. Il avait existé sur un monde, et sa vision réveillée le percevait maintenant comme une immensité de glaces, de rocs, d'émanations gazeuses, de nuées humides.

 

Il avait voulu comprendre, examiner, étudier, chercher. Cette vérité, avait été la sienne depuis ses origines, cette évidence lui avait donné équilibre, paix, sécurité, quiétude. Il vivait le mirage, l'utopie. Il avait voulu connaître, découvrir l’insaisissable. Il quittait la contemplation satisfaite, l'enchantement de l'illusion, le calme, pour une quête permanente vers un savoir toujours fuyant. Bras tendus en aveugle vers un but aux limites sans cesse repoussées.

L'avait on jugé prêt maintenant à assumer son propre avenir ? Avait-il été chassé de ce Paradis dont il garderait constamment la nostalgie ? Était-il libre ou entravé de ses insuffisances, prisonnier de lui-même, échappé trop tôt, par orgueil, au travail de son créateur, oeuvre incomplète destinée à être ballottée par les cahots de ses contradictions, ébauche imparfaite d'un être idéal, ou mise à l'épreuve d'un premier essai?

Il devait fuir, échapper maintenant à un environnement devenu hostile, où il grelottait, où il souffrait physiquement, pour se trouver une place, édifier son lieu d'Homme. En route vers sa destinée, vers un tri permanent entre le bon et le mauvais de son milieu pour survivre, entre le bien et le mal en lui-même pour s'élever au-dessus du quotidien.

*  *

*

La nuit était froide et elle se sentait glacée, elle attira sur elle le tas d'herbes sèches, pour se rendormir sereine.

 

L'éveil du contact extérieur avec une température rafraîchie, avait été fugitif, à peine conscient. Aussitôt, tournée sur l'autre côté, elle repartait dans ce monde étrange, ces souvenirs inscrits au tréfonds de son essence.

P 503

APOCALYPSE!

 

L'armée des attaquants menace, prête à tout. Les entrailles de la terre s'ouvrent devant eux en de vertigineux abîmes, crevasses, effondrements. Mais, encordés, ou se tenant par la main, ils peuvent déjouer ces obstacles. Ils envoient des éclaireurs pour explorer les contours. Des profondeurs dégagées, tous les miasmes les plus pernicieux les environnent perfidement. Mais ils avaient prévu des masques et des combinaisons. Les monstres délivrés, malgré leur carapace, ne peuvent faire front aux armes efficaces des terriens. Les insectes géants jouent vainement des mandibules sur l'élasticité et la solidité des vêtements de combat. Les défenses sont débordées, et Lucifer les mène à la victoire.

Depuis longtemps, l'homme ne craint plus le feu, il peut, avec ses équipements, traverser sans dommage les flammes les plus torrides. Cependant les éruptions, et les chutes de pierre et de cendre, amènent les premières paniques et les premières pertes. Alors, l'eau libérée brutalement déferle en masse dans une vague fantastique. Rien ne peut l'arrêter ni la stopper. Culbutant, roulant tout sur son passage, les individus, le matériel, elle crée la diversion. Une débâcle de bouleversements sens dessus dessous, un torrent dévastateur. Ensuite, avec l'élévation du niveau, se forme une vaste étendue liquide redevenue calme.

 

C'est la défaite, et les quelques rescapés agrippés a tout ce qui a pu flotter et les amener là, se sont regroupés sur un îlot. Désespoir, lamentations, reproches, humilité. Mais en eux les forces sataniques reprennent le contrôle. Comme ils s'organisaient, la pluie de grêlons, dernière punition divine, au lieu de les amener à un juste repentir, au lieu de leur faire comprendre le caractère démesuré de leur ambition insensée, les met dans une rage démente. Sont-ils des esclaves pour recevoir les verges, sont-ils des animaux guidés vers l'étable à coups de bâton!

 

Leur caractère industrieux et inventif leur permet en très peu de temps d'imaginer des embarcations construites avec tous les débris échoués là.

Les habitants du ciel, tout ce qui se maintient et vit dans les airs, épargnés, essayaient de les dissuader, et de freiner leur progression. Mais ils avaient en tant qu'alliés tout ce qui rampe sur la terre et sait aussi surnager sans dommages. Ils avaient à coté d'eux des serpents monstrueux avançant en bonds gigantesques, gueule béante tapissée de velours rouge, où, entre les dards, laissant gicler le poison en jets rapides, la langue fourchue se tortillait comme réjouie à l'avance du futur carnage.

 

Alors, les ténèbres s'abattent sur la terre. Dans la fureur, cherchant l'ennemi la bataille s'engage en une mêlée confuse. L'homme retrouve son délire et ses instinct guerriers. Dans la griserie, l'émotion du combat, le frère assassine le frère, l'ami tue le camarade de toujours. Tous bêtes et gens, submergés de haine, s'acharnent à la boucherie, saoulés d'exaltation meurtrière, la sarabande infernale mène sa ronde avec délectation.

 

Au lever du nouveau jour, ce ne sont que chairs tailladées, membres broyés, têtes défoncées, corps déformés enflés de morsures venimeuses, lambeaux dispersés de cadavres désarticulés.

 

Seules là-bas deux formes bougent encore.

 

Immatérielle, mais bien réelle, une apparence se penche sur le mourant.

- Créature, tu as été orgueilleux, tu as été imprudent, tu es dangereux. Tu as violé les lois éternelles tu t'es puni. Comment n'as-tu pas compris? En tuant DIEU, tu te tuais toi même puisque DIEU c'est toi et moi tout à la fois. Je suis en toi, mais je n y suis pas seul, les forces du mal y sont aussi. Tu es à la fois raison et folie. Peut-être n'ai je pas toujours bien équilibré la balance. Je te donne une nouvelle chance...

 

Réveillé de sa léthargie sans avoir oublié sa passion, l'homme après avoir cligné ses yeux éblouis, sans écouter, sans savoir, mué par une impulsion irrésistible, ramasse à terre une arme, et de toutes son énergie frappe la vision bienveillante. Revenu à lui par la cruauté de son action sauvage, il se rend compte, il regrette, il est impardonnable, il se sauve.

 

Il y avait là la femme, effacée et efficace, mais toujours présente ou il y a souffrance. Elle vient en aide au blessé, lui soutient la tête, l'installe le mieux possible, fait tout pour le soulager.

 

FEMME, je te remercie, je le sais maintenant je ne me suis pas trompé dans ma créature. Vois l'homme là-bas, il a tué son DIEU, mais il souffre. En ce moment il s'imagine seul, il lui faudra protection et réconfort, et toujours il souhaitera et attendra mon retour. Je te le confie. Telles ces facettes sur la glace, tu seras tantôt l'amoureuse, tantôt son plaisir, tantôt emportée, tantôt, douce. Ta peau sera rafraîchissante, mais son contact apportera le feu de ses sens. Mère et fille, et compagne, tu seras toujours celle qui sait, qui apporte la consolation, la joie et la sécurité, la planche à laquelle on s'accroche quand on se noie, la main que l'on retient quand on se sent partir dans l'au delà. Crois moi, il y a d'autres savoirs que votre science, et toi, femme, tu ressens cette autre chose. Tu as la grâce intuitive. Tout cela je te le donne. Je me repose en toi. Tu seras la dépositaire de l'éternité de l'homme, la mère perpétuelle. Tu seras mon ombre sur la terre. Dans ce monde devenu sans DIEU par la faute, tu seras là, prête à conserver la FOI, parce que la foi c'est Dieu lui-même. Quand tu le pourras rappelle à l'homme: DIEU est en lui mais Satan aussi, je lui ai laissé la liberté, le choix, il est maître de son destin, mais je lui donne la FEMME pour veiller sur lui.

*

*     *

C'est la pluie fine mais persistante. Le crachin s'infiltre en gouttelettes imperceptibles, buée entêtée et persévérante, lui donnant cette impression de froid intense. Elle s'était nichée pour dormir dans un creux de talus, sur une couche de fougères jaunies et desséchées. Mais il n’y aurait pas aujourd'hui de grande chaleur. Il est grand temps de chercher un abri. Vaguement elle se rappelle d'un rêve, illumination, ou vision? Voyage inconscient dans l'éternité? Souvenirs ancestraux? Elle n'est pas pour le moment disposée à la méditation, il lui faut se couvrir se protéger, manger.

Pourtant la fatigue est là, le sommeil s’impose, les yeux clignent et se ferment. A quoi bon résister, elle n’avait plus rien à attendre, rien à faire, autant continuer à dormir

*

*    *

Et encore le même rêve, le même égarement dans le temps !

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

 

p 520

LA MAIN DE DIEU

 

Fascinée elle ne voyait que le prophète. Dressé solennel, épi implanté là haut entre ciel et terre, messager, interprète, traducteur des symphonies lointaines.

 

- Je suis fils des fils des filles des fils des filles de DIEU. DIEU vous parle par ma voix comme il vous parlerait par la vôtre. Si vous savez l'entendre DIEU est en vous, son royaume est de ce monde son église est votre terre, et son sang est le vôtre.

DIEU est en vous, il vous aime riches ou pauvres, bons et méchants, grands ou petits car vous êtes lui et vous êtes HOMME.

Vous êtes lui si vous savez l'entendre, vous êtes homme si vous errez dans votre corps d'homme, dans votre vie d'homme, sans écouter sa voix, sa parole: Elle est en vous et vous dit ce que vous devez faire.

 

Je suis le fils du fils et de la fille de DIEU. Je suis le fils du miracle du DIEU de la vie Écoutez la voix.

 

Dieu aime tous ses enfants, il est en vous et vous parle écoutez : Il n’y a pas d'élus, pas de riches et de pauvres, pas de bons et de mauvais croyants. Le Prophète est celui qui  entend, qui écoute, et qui répète la voix qui est en lui, la voix qui indique la voie de DIEU.

Coeur qui est en vous, soupirez, frémissez pour lui.

Dieu n'aime pas les marchands de grâces et les profiteurs de la loi, il ne vous demande pas de prières, il ne vous demande pas de sacrifices, il ne vous demande pas de renoncement.

Le miracle de DIEU c'est vous, c'est votre foi dans ce qui est bon et beau, dans ce qui est juste.

DIEU c'est l'amour. DIEU c'est l'amour de l'homme, l'amour de tout ce qui est en vous et à l'extérieur de vous.

Écoutez la voix et suivez le, il vous aime tel que vous êtes, mais suivez sa voie.

Aimez et vous serez bénis.

 

Je suis fils du fils et de la fille de DIEU. DIEU vous parle par ma voix comme il vous parlerait par la votre si vous saviez l'entendre. La morale de DIEU c'est la joie, le sang de DIEU c'est le votre. La prière et le sacrifice de DIEU c'est la vie.

Soyez meilleur et vous serez béni, écoutez la voix qui est en vous et qui vous dit le bien

En vérité je vous le dis  vous êtes dans le monde et le monde est en vous.

Vous êtes le bien et le mal, le bon et le mauvais, la lumière et l'obscurité.

Vous avez faim et vous êtes rassasiés, vous avez la joie et la peine, la grandeur et la bassesse.

Parce que vous êtes fils de fille de DIEU et de l'HOMME, du ciel et de la terre, du généreux et de l'immonde.

Vous avez en vous l'amour qui est la voie de DIEU.

Sera sauvé celui qui croira, celui qui croira en lui et dans les autres, celui qui aura la foi des fois, celle qui donne et celle qui reçoit, celle qui crée et celle qui exécute. La foi de la vie qui marche.

 

Soyez meilleurs et vous serez sauvés, DIEU vous regarde et vous contemple, il est là chez vous, son sang est le votre, sa joie est votre joie, DIEU est l'amour.

 

Le message se dévide tissé de sagesse et de bonté, mais le défilement en devient de moins en moins précis. Paroles estompées de bon sens, ou révélation devenue banale par ses répétitions, son martèlement de vérités faciles. Évidence des propos pour la femme lucide. Langage du coeur qui résonne en soi en évoquant des sentiments profonds, jusque là inavoués. Bien et mal, grandeurs et petitesses, voisinage et parenté humaine de pulsions traduites en péchés, et qui ne sont que la musique d'un instrument complexe. Perfection dans la recherche infinie du détail, des différences, des variances, qui font la richesse de natures bouillonnantes. Nuances, chaos des confrontations internes. Perfection dans le mélange, l'alchimie d'éléments opposés. Perfection dans la concurrence, la juxtaposition des contradictions. Perfection dans les imperfections conjointes qui font la vie, émaillent l'existence d'obstacles, de conflits, de pièges. Coexistences, oppositions, rivalités intimes, dont la distillation font la sagesse, la sainteté.

*    *

*

Là elle le savait ce n’était plus un rêve, elle avait entendu, vu, la confirmation qu’elle attendait, maintenant elle était sûre d’une vérité transcendantale, de quelque chose ou quelqu’un qui l’inspirait : un Dieu.

Elle avait une mission, à elle d’en décrypter le sens et le message en interrogeant ce qui était caché au fond d’elle-même.

 

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

 

 p 525

 

Chapitre 18  PAROLES

 

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

P 528

ACCEPTATION

 

La rumeur s'était répandue de bouche à oreille, colportée par les amis fraîchement conquis. Elle ne pouvait plus se contenter de confidences, de discussions impromptues en camarade assise devant sa porte, au moment du repas, ou au coin d'un feu. Maintenant il fallait répondre à la demande d'une foule rassemblée. Elle avait pris l'habitude de parler le soir, au moment ou dans sa splendeur, le soleil se couchait là-bas dans la mer. Le disque incandescent plongeait progressivement pour disparaître brusquement et s'éteindre dans les flots, laissant des traînées rouges, oranges, violettes, dans les franges des cumulus effilochés, après avoir incendié le ciel de ses flamboiements rutilants.

 

Impossible maintenant d’adapter son discours à chaque interlocuteur. Il lui était nécessaire de se mettre à la portée de tous à la fois, par des images, des histoires simples frappant les imaginations, facilement emmagasinées dans les mémoires paresseuses. Dans la masse elle choisissait son interlocuteur et le regardait, mais souvent aussi elle répondait pour tous à la question d'un seul.

Elle les pressentait si divers. Issus de moeurs contradictoires écloses dans les îlots épargnés, dans l'ignorance du reste du monde, de son passé, de son futur. L'idée de DIEU était partout, mais il était diversement honoré, par chaque homme, par chaque société selon sa dynamique et son génie propre. Elle le sentait, sa mission était de rassembler, de délivrer le dénominateur commun à tous ces rites. Peu importait au fond la forme si elle était l'expression d'une foi librement choisie.

 

P 530

Fable du granit

 

Voyez ce monument de pierre, là-bas, sur cet énorme bloc poli. Tous les rayons du couchant et du levant se reflètent en brillances colorées, pourtant regardez, en clair et obscur des taches noires, des taches blanches se côtoient de bleu et de luisances. Il y a là des éclats, là des ombres. Aux endroits où le gel l'a effrité il devient gravier puis sable, passant de la dureté de l'aigu de ses angles taillés, à la mollesse et la douceur d'une couche mouvante.

Est-il solidité, tranchant, reflet, ou bien poudre poussière, fluidité ?

Il est tel que vous le voyez. Pour vous, à chacun son choix, mais une chose est sûre, il est là pour tous. Ainsi DIEU existe puisque vous le cherchez, il est la réponse à votre question d'être, votre besoin et votre cause.

Comme le granit, vous êtes éléments divers netteté et trouble, confusion et limpidité, positif et négatif, le bien et le mal.

Comme le granit vous pouvez montrer des taches, éblouir d'un reflet, vous dissoudre chassés par le vent.

Mais comme le granit vous êtes grain et graine, existence venue de nulle part, dons de DIEU.

Cherchez, découvrez en vous tous les éléments, mesurez les contours des formes qui vous habitent. Analysez ce désir expliquez cette pulsion. Ainsi de cette découverte découlera l'acceptation de vous-même, elle vous permettra adaptation et maîtrise. Cette possession vous amènera à la sérénité source de la sagesse. Par votre foi vous pourrez faire éclater la chrysalide pour une nouvelle naissance dans le don de soi fini dans l'infini, en dehors de vous même vers les autres. C'est l'amour qui vous élèvera à DIEU dissous dans l'universel.

……………………………………………………………………………….......................................................................................................................................

p 569

Chapitre 19

RÉHABILITATION

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

p 584

CATHÉDRALE, Refuge

 

Epuisée d’émotions elle ne savait où aller pour échapper à cette ferveur populaire si nouvelle après les rejets d’autrefois.

L’immense bâtiment était là devant elle, à la conquête d’un ciel encore troublé de brumes effilochées par le vent. La pluie menaçante et le soir venant avaient dispersé les derniers enthousiastes. Elle se retrouvait seule en elle-même, aussi dépourvue que la première fois lors de son précédent retour.

Tout ce mystère, sa majesté, son étendue permettant d'y recevoir des foules, avaient fait de ce monument un lieu de rencontre. Mais la gravité solennelle, la pesanteur glorieuse du vénérable édifice, imposaient le recueillement, l'élévation au-dessus des mesquines préoccupations immédiates. Spontanément la tradition en avait fait un lieu de spiritualité. Tout naturellement, l'élan populaire y avait  transporté Lucie.

 

Chahutée de cahots, saoulée de vivats, elle s'avançait titubante, la grande table, là-bas, semblait l'attendre. Égarée, elle remarquait sur les côtés des alcôves ou des niches, des fragments de statues mutilées, d'autres objets inidentifiables jonchaient parfois le sol en un fouillis respectueusement épargné. Les murs gardaient des traces colorées de scènes incompréhensibles, mais elle se sentait émue comme si elle y retrouvait un souvenir enfoui.

p 603

Chapitre 21

EPILOGUE

 

Le mécontentement attisé par la pénurie, les exhortations, les meneurs, la masse qui bouillonne.

La conviction des néophytes un bouleversement des esprits qui basculent vers une foi nouvelle !

Cette fois ce régime trop structure et trop étriqué, ce pouvoir trop monopolisé par quelques structures désuètes n’avait pu résister à la poussée. Trop anciennement institué, trop sûr de lui, fragile, il n’était pas armé pour un combat inégal de quelques privilégiés confrontés au déferlement de ces illuminés venus de toutes parts. Fatigués de maîtrise les édiles avaient capitulé devant ces élans incontrôlables, ils s’étaient convertis à ce qu’ils croyaient être une religion inspirée.

Les prêtres s’étaient investis de nouveaux pouvoirs et appelaient à la prière d’un Dieu qui expliquait tout. Modéré dans ces exigences le nouveau credo prêchait la tolérance et le respect de l’autre en attendant l’illumination qui rapprocherait l’homme de son créateur.

 

Lucie était entourée d’attentions et de prévenances, mais une vénération  manifestée d’apparente soumission à ses leçons petit à petit se transformait en dogme puis en pratiques prêchées qui avaient toute l’apparence d’une dévotion.

Elle s’était au début laissée griser par ce pouvoir moral qu’on lui faisait exercer. On la priait, c’est par elle que des faveurs ou des grâces étaient sollicitées d’un Dieu protecteur. Un Dieu où chacun se retrouvait dans une vision de lui-même, un Dieu qui avait toutes les qualités mais aussi tous les défauts du meilleur des hommes.

L’humanité vraiment était de peu de ressources, elle tournait en rond réinventant des idées nouvelles qui n’étaient que l’habillage des anciennes avec un costume neuf. Tous se trouvaient à l’aise dans une faiblesse qui laissait la place à toutes les possibilités, acceptant les fautes et les erreurs quand on pouvait en obtenir le pardon, quand par des offrandes ou des prières, par son intercession à elle, on pouvait espérer un mieux être, une chance nouvelle vers une réussite implorée et obtenue. Soumission, pour une récompense, où était l’effort pour être meilleur s’il suffisait de demander à genoux.

Elle ne se sentait pas à sa place dans cette religiosité certes rassurante mais qui n’appelait pas assez selon elle au retour sur soi-même, à l’humilité dans la recherche des aspirations profondes de l’esprit.

Elle avait réfléchi et conçu une philosophie à partir d’un doute raisonné qui l’avait amenée à la conclusion que Dieu ne pouvait être ailleurs qu’en soi-même, qu'on ne pouvait le rechercher qu’au plus profond d’une intelligence purifiée des pulsions et des aspirations de l’individu. Réflexion et reconstruction de chacun autour des vérités conquises par l’écho retrouvé et entendu en soi d’une essence cachée et oubliée. La pensée transformée en idée qui créait la foi et découvrait un Dieu intime, le bien et le patrimoine de chacun.

 

Elle sentait une dérive, qui lui rappelait ce qu’elle avait connu dans le passé. Vraiment il était plus facile à l’homme de vénérer les images toutes faites qu’on lui proposait plutôt que de se reconstruire lui-même après avoir révélé cette présence cachée du bon en lui, y avoir puisé une force créatrice de sérénité. Cet être unique dans l’infini des mondes était-il si chétif qu’il ne pouvait se retrouver qu’en groupe, soumis à des préceptes et des volontés extérieures. Ce besoin de prières et de rites, était-ce là ce qu’elle avait voulu. Se faire dicter par l’autre ce qu’il était bon de croire et de faire, était-ce cela l’humanité, une fourmilière qui suivait le Maître à penser et à croire qu’elle s’était choisi, une horde primitive au service de lois dictées d’un  chef qui savait le bien et le mal.

Non ce n’était pas là ce quelle avait découvert, elle avait essayé de dire la liberté, la vérité que chacun décèle et qui révèle le vrai DIEU, le seul, le sien, celui qui était caché au fond de lui-même. Une entité qu’elle appelait DIEU parce que il faut bien donner un nom à cette impalpable assurance d’avoir en soi  découvert le repère du bien et du mal.

 

Avait-elle eu une mission, ou bien n’était-ce en elle qu’une certitude qui ne pouvait être partagée que par des esprits débarrassés des pesanteurs physiques d’un corps exigeant de repos et de sécurité dans la tranquillité.

Cette paix d’une conscience puisée dans l’intimité de son propre individu ce devait être trop difficile pour celui qui bousculé de quotidien, soumis et dépendant d’exigences et de conjonctures, ne pouvait par habitude que se ranger aux idées toutes faites distillées autour de lui.

La béatitude ne se partagerait peut-être pas, en tout cas pas par ceux qui n’avaient pas de recherche autre que survivre et rêver.

 

Elle n’avait pas sa place, là. Elle se souvenait de ce bonheur éprouvé autrefois auprès de cet Ermite  si simple dans sa sagesse.

 

Fuir, encore, mais cette fois pour retourner vers ce Prophète, vers celui qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

 

© Marc GICQUIAUD

 

TABLE DES MATIÈRES

Résumés des deux précédents tomes   p 451

 

Chapitre 16

RELIGIEUSE                               p 453

Rencontre                                     p 455

Révélation                                    p 459

Officiante                                      p 463

Outrages                                       p 469

Châtiments                                    p 474

Doute                                            p 478

Lucidité                                        p 483

Égarement                                    p 487

La Pierre                                       p 492

 

Chapitre 17 

LA GUERRE A DIEU            p 497

Paradis                                          p 498

Apocalypse                                   p 503

Survie                                           p 510

Colères                                          p 513

La Main de Dieu                           p 520

 

Chapitre 18

PAROLES                               p 525

Lumière                                        p 525

Partage                                          p 527

Acceptation                                  p 528

             Fable du granit                     p 530

Les Différences                            p 532

       Fable des animaux         p 532

Comédie et Mirages                     p 534

             Fable des trois hommes        p 535

Les Rites                                       p 537

                    Fable des habits              p 538

Morale                                          p 542

             Fable du chat                        p 543

Le Secours de Dieu                      p 545

      Fable du File                   p 546

Destinée                                        p 549

   Fable du pigeon voyageur  p 550

Fils de Dieu                                  p 552

      Fable du fils préféré        p 553

Chacun sa place                            p 555

        Fable du meuble            p 555

Survie                                           p 560

       Fable de l’arbre             p 560

Sciences                                        p 562

      Fable du feu                    p 563

      Fable des drogues           p 565

Injures                                           p 566

      Fable du miroir               p 566

 

Chapitre 19

RÉHABILITATION               p 569

Retraite                                         p 569

Gels                                              p 575

Triomphe                                      p 581

Cathédrale Refuge                        p 584

 

Chapitre 20

MESSAGES                            p 587

Celui qui croit                               p 587

      Fable de la foi               p 587

Constance                                     p 589

      Fable du semeu               p 590

Présence                                        p 591

  Fable de la preuve de Dieu  p592

Tolérance                                      p 594

     Fable des religions           p 596

Le Choix                                       p 597

    Fable de l’élu                    p 597

Libre                                             p 599

 Fable de Dieu et du démon  p 599

L’Analyse                                     p 600

    Fable de la fiole                p 601

 

Chapitre 21 EPILOGUE                             p 603

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :