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extraits d’"HARMONIES" (suite)
Marc GICQUIAUD : "Harmonies" Poésies : Tous les genres poétiques depuis les amours de l'adolescence, les angoisses de l'âge mûr, les fables animalières morales. 122 p, A5,
dépôt légal 04 97,ISBN 2-9511299-0-4 13,75 € + 3 € de port
Marc GICQUIAUD Poésie poche, Poésie proche", 4 volumes : format A6: extraits d'Harmonies
"Sursauts" / "Petit Monde" / "Émois du moi" / "Raison" Chacun : 3,6 €
N° 3
BERRY
CHER BERRY
II y avait des bois, des fûts et des taillis,
la défriche a tout eu, au temps de la culture,
plus de fleurs, plus d'odeurs, plus d'oiseaux, plus de cris,
terre sèche, mal du soc, infini sans bouchûre.
Champagne du Berry, sans vin, sans vie, sans cerfs,
il nous reste ici l'étendue des soleils,
nostalgie d'un sommet et du blanc de Sancerre,
rêvons à nos fleurs jaunes où butine l'abeille.
Trouver l'eau en creuseur, manège d'arrosoirs,
mais drainer de tuyaux, égoutter pour la pluie.
Le désert en hiver, la tristesse des soirs.
La récolte en été, les camions qui charrient.
Barbelés en Sologne, champignons interdits,
châteaux éparpillés sur la route Jacques Coeur,
boeufs gras dans la pâture du val de Germigny,
l'habitant un peu chti, le village qui se meurt.
02/02/1989
© Marc GICQUIAUD
89
LA BOURRÉE CARRÉE
On a le cœur léger, les jambes s'impatientent.
C'est un élan de joie, la bouffée du plaisir.
On ne peut résister à tous ces sons qui chantent.
Tout le corps en festoie, gagné par le désir.
Fond de basse à la Vielle, claquements de sabots,
sont support permanent, musique pétillante:
Les aigus étincellent et les sourdes en cahots,
au rythme sautillant font cadence entraînante.
Tournant la manivelle, ou soufflant dans ton outre,
charmant Ménétrier, tu sais nous étourdir.
Tu mouds des étincelles à faire vibrer les poutres,
enragé de jouer jusqu'à nous assourdir.
La Bourrée en tapant, et après le quadrille.
Le Branle se déploie, se déroule en cordon.
L'un crie de temps en temps, ou un autre sautille.
Les jeunes se coudoient, allez bisez-vous donc!
La foule est ébahie, palpitante elle écoute,
et envie guillerette les ébats endiablés,
les habits, les toilettes. Elle se laisse aller,
à moitié attendrie du glissé qui froufroute.
Mais oui c'est l'assemblée, les Sonneurs Nérondais
sont venus cette fois animer le spectacle.
L'assistance enchantée toujours applaudissait,
souvenirs d'autrefois... Envoûtement, miracle.
© Marc GICQUIAUD
EXISTENCE
AU JEUNE ÉCOLIER
Tu y crois, tu en veux, et tu as bien raison.
Quand ton âme est bercée par une ambition folle
ou bien désespérée dans la paresse molle
tu cries ce que tu peux. Mais en toi est un don.
Écoute tes parents et suis tes professeurs,
mesure les réussites et calcule tes notes.
Mais loin du paravent entends aussi ton cœur
dégager tes mérites, et va vers ta marotte.
C'est bien mieux chez les autres, ça on te le dira !
Sois un bon écolier dans la course au diplôme;
mais vois ceux qui se vautrent, et ceux qui n'en ont pas,
autour de toi connais les licenciés qui chôment.
C'est bien de faire savoir, c'est mieux de savoir faire
et celui qui bavarde n'est pas forcément roi,
pour sûr on peut le voir, mais tout est si précaire,
et celui qui se farde est souvent aux abois.
© Marc GICQUIAUD
A Paraître
DÉSABUSÉ Poésie;
CRÉATION OU CRÉMATION ?
Il s'en serait fallu de peu
À peine la moitié d'un cheveu
Pour que celui qui était Dieu
Oublie de nous créer…. adieu!
Il n'avait pas la partie belle
Devant travailler sans modèle
Il suffisait d'une étincelle
Pour nous chavirer la cervelle
N'était-ce là qu"un simple jeu ?
Être parfaits n'est plus qu'un vœu,
Il ne le voulait pas parbleu
Nous créer n'était pas l'enjeu .
Aurions nous un peu plus de zèle
Au lieu de nous rendre infidèles
Notre vie serait immortelle,
La voilà la bonne nouvelle !
Oui je passerai aux aveux
Je ne suis pas vraiment curieux
De devenir un bienheureux
L'éternité c'est ennuyeux !
Mais la question nous interpelle
L'interrogation nous harcèle
Ou l'existence se renouvelle ?
Ou tout disparaît sans séquelle ?
© Marc GICQUIAUD
01/03/04 01:41:23
LES COCHONNES RIENT ….Jaune ! Poésie
DANS LE COCHON TOUT EST BON
Je suis petit cochon tout rond
Mais je ne peux pas faire des bonds
Enclos avec mes compagnons
Tous entassés de large en long.
La gamelle est à peu près bonne
A volonté on nous la donne
Peut-être avec un peu d'hormone
Et notre gros bidon ballonne.
On pourrait nous trouver mignons
La saleté ce n'est pas bon
C'était avant l'évolution
L'industrie pour plus de pognon.
Pourtant tout paraît monotone
Appréhendant que l'heure sonne
Vers la curée on nous camionne
Ma pauvre vie je m'y cramponne
Être tués oh non ! Oh non !
Par pitié faites l'abandon
De saucisson et de jambon
Sauvez nous les petits cochons !
© Marc GICQUIAUD